• Cours sur l'art

     Cours sur l'art

    L’art nous éloigne-t-il de la réalité ?

     

     Introduction : Peut-on vivre sans art (sans musique, cinéma, peinture, danse…) ? 

     

    Interrogation de l’art à partir de ses effets : Pourquoi écoutons-nous de la musique ? Pourquoi regardons nous des films ? Qu’est-ce qui change en absence de l’art ? Que signifie l’expression selon laquelle « l’art est ce qui nous emporte ailleurs » ? Réflexion sur la nature de cet « ailleurs ».

     

    Vie sans art (sans musique, sans film…) = Vie sans beauté (sans invention) = Que du réel (du sérieux…) = Vie sans jeu (sans liberté)…

     

     3 grands pôles de question et de réflexion
     

    LE POLE DU SPECTATEUR

     

    I-              L’art peut-il être dangereux ?

    (Divertissement, Séduction et Simulacre...)

     

                A) Art/vérité et liberté : L'art est-il capable de (nous enseigner la) vérité ? (et de nous donner à penser ?)

     Thèse : L'art nous détourne de la vérité   

              1) L'art compris comme pur divertissement et le divertisement pascalien : (possibilité de faire l'impasse sur cette référence)

    - Qu’appelle-t-on le cinéma de divertissement ou la musique commerciale ? (Autre exemple : L'industrie de la fête...)

    - Fonction politique potentielle : L'art utilisé à des fins de propagande ou pour dominer : "Donnez leur du pain et des jeux et le peule se tiendra tranquile" Juvenal, Satire X (en latin : " Panem et circences...")

                Texte de Pascal extrait des Pensées sur le divertissement.

         2) La puissance de persuasion de l'art, condamnation et exclusion de l'art et des artistes de la cité par Platon : Art et Vérité.

     Le problème de Platon (très actuel) : La valeur pédagogique de l’art (Débat sur la dangerosité des images : Les images sont-elles dangereuses ?)

     - Texte de Platon République, Livre III, 401 d : Sur la force de la séduction artistique (une reconnaissance ambiguë du pouvoir des œuvres, des images, de la musique et de la poésie…)

     - Texte de Platon République, Livre X, 598- 599 b : Double danger-dépréciation de l’art

     a)     L’argument ontologique de l’illusion : L’art produit des simulacres (cf : Les raisins de Zeuxis. Il  ment en prétendant dire la vérité. Art = Imitation, une copie de copie…

     b)    L’argument politique : L’art est démagogique en tant qu’il est un jeu sur les passions de l’homme (il s’adresse à la partie inférieure car irrationnelle de l’âme)

     L’art est dangereux parce qu’il fascine et émeut au lieu de faire réfléchir et de permettre d’agir. Condamnation du plaisir pris à l’émotion dramatique (contre Aristote et la catharsis).

     

    B) (transition vers le II- ) Que veut-on dire lorsque l'on dit à propos d'une oeuvre "c'est tellement vrai" ? Cela peut-il être légitime ?

    1) Y a-t-il une vérité propre à l'art ? Opposition aux attaques de Platon.

    Vérités de la raison et vérités de l'intuition (peut-on parler d'une forme de vérité ou de pensée "révélées" : "olé", "alleilouia", "yeah", "get up"..., penser sans réfléchir, avoir des idées à même les sens et le monde...). La pensée intuitive :   Baudelaire et la vitesse de la perception : Curiosités esthétiques, La morale du joujou.

    2) L'art est-il capable d'idées ?

    - Idées de l'entendement et idées esthétiques chez Kant (§ 49 CFJ) : opposition possible avec Hegel. 

    Problème : Y a-t-il un message derrière l'oeuvre d'art ? Qu'est-ce qu'avoir une idée en art ? En quel sens peut-on parler d'idées en art ? S'agit-il du même genre d'idées que dans les sciences ?

    - Textes de Merleau-Ponty : penser en peinture, avec la danse...

     - Autres textes possibles :

      Gilles Deleuze, Logique de la perception « L’art rend visible… » : Vision et voyance dans l’art.

      Bergson, Le rire. L’art comme « science » du singulier (+ Ravaison : La ligne fluctuante comme nouvelle image de l’essence singulière ou le mouvement comme essence chez Vinci).

     

      II-            La fonction libératrice de l’art :

    A)   De la « purgation des passions » au divertissement (De Pascal à Bourdieu) : Fonctions sociales de l’art.

     - L’art et le problème de l’expression :

     La fonction cathartique de la tragédie chez Aristote, Poétique (//RAP)

     Le détour par la fiction pour mieux saisir le réel.

     L’espace de la tragédie grecque : La scène, le chœur, l’amphithéâtre, les tabous, la libération des flux et du corps.

    (Texte possible de Nietzsche, La naissance de la tragédie p.101 : Apollon et Dionysos.

     Questions : La tragédie a-t-elle disparue ? Le sport est-il un art ? L’art et la fête ?)

     ·     Peut-on ne pas s'exprimer ?  L’ex-pression comme transfert de poids (tout est abstrait) :

    -      Im-pression : Trauma (Simple fascination, perte de la parole)

    -       Ex-pression : Défoulement et catharsis (faire passer des flux). Peut-on ne pas s’exprimer ?

    -       Dé-pression : Etre couper de ses impressions et de sa capacité d’expression

     

     B)   N'y a-t-il que les artitses qui ont besoin de créer ? Pourquoi créons-nous ?

    L’interprétation psychanalytique freudienne de l’œuvre d’art :

     - L’œuvre d’art et le rêve : Refoulement/Défoulement

     Analyse du sommeil et de sa désorganisation (Proust)

    // avec l’art comme catharsis : La tragédie grec (l’espace de la tragédie : la scène, l’agora et l’ob-scène de la chora).

     -  L’œuvre d’art et  le jeu : La sublimation

     Une maîtrise symbolique du réel : le principe de plaisir et le principe de réalité chez Freud

     Annexe : Le psychisme humain selon Freud

     « L’homme est un être de désir » : Le Moi-plaisir chez l’enfant ; La libido

     Les 3 instances : Le Ça, le Surmoi et le Moi

     Le but anthropologique de l’art chez Freud : Organiser une culture sans renoncer aux pulsions  

     

    III- La beauté est-elle une affaire de goût ?

    A) Peut-on dire : « à chacun ses goûts » ?

    Y’a t’il des normes de goûts ? Nos goûts sont-ils libres ? Peuvent-ils (ou doivent-ils) être conditionnés par des normes ?

    a) Le point de vue des sciences humaines : L’histoire et la sociologie du goût…

    -  La réponse de la sociologie : ( de fait : non…) : + photos de Télérama…

    « Les goûts ne sont pas l’expression de nos choix libres ou nos choix ne sont que le reflet du monde social dans lequel nous vivons »

    Qu’est-ce qui peut influencer nos goûts (notre conception de la beauté physique par exemple) ?  D’où viennent nos goûts ?  Que révèlent nos goûts ? (Dis-moi quel est ton capital culturel je te dirai quels vont être tes goûts…)

                *  Texte 1. Bourdieu : « La distinction » et/ou « L’amour de l’art » :

    https://www.youtube.com/watch?v=ZRGOxuxB_3A

     Le point de vue sociologique…

    - La réponse de l’histoire :

    « Les goûts ne sont pas l’expression de nos choix libres ou nos choix ne sont que le reflet de l’époque et du lieu dans lequel nous vivons. »

                * Texte 2 d’un(e ) historien(ne) du goût ou de la beauté : (Vigarello, Corbin, Panofsky)…)

    Bilan : Nos jugements de goûts sont sociologiquement et historiquement déterminés…

    Problème de transition : Peut-on dire que nos goûts sont déterminés une fois pour toutes par nos amis, notre éducation, par l’époque dans laquelle nous vivons? Ne peut-on pas changer d’opinion ?

    Que l’on dise que de nombreuses personnes partagent les mêmes goûts ou qu’à chaque époque ou culture son goût propre cela revient au même…

    Critique A) : Il ne faut pas confondre le goût tel qu’il est (déterminé) et le goût tel qu’il pourrait ou devrait être (le jugement de goût émis par un spécialiste ou un connaisseur).

    b) Y’a t-il des fautes de goût ? Peut-on se passer de cette idée ? Tous les jugements et toutes les œuvres se valent-elles ?

                * Texte 3 : Fabienne Brugère, article de Télérama

                Le gusto et le giudizio

                *  Une « faute » contre quoi ? (A développer ensemble...)

    Conclusion et débat : Y’a t’il des fautes de goûts ?

    Pour contrer l’idée selon laquelle celui qui ne sait pas choisir commet une faute de goût révélatrice de sa bêtise ou de son ignorance : on peut dire que la faute de goût ne révèle rien. On ne choisit ses habits ou ses œuvres dans un ensemble déterminé que dans le but de s’acquitter de l’injonction sociale de trouver sa place et pas de définir une identité par l’apparence. Le choix esthétique n’est pas selon cette thèse révélateur ou pertinent pour juger de l’identité d’une personne (contrairement à ce que prétend l’opinion et la publicité en terme de mystique de révélation d’une personnalité cachée et enfin réalisée…)

    c) De la distinction entre l’agréable et le beau chez Kant :

                * Texte : Kant, Critique de la faculté de Juger. Défintion de la beauté et du jugement esthétique par Kant tiré du second moment de la CFJ : "Est beau ce qui plait universellement et sans concept "

        B) Y a-t-il des normes pour juger de la beauté ? L'art est-il une affaire de spécialiste ?

    * Texte de Kant : Beauté libre et beauté adhérente.  Le charme et la beauté

    * Texte possible de Hume

    Conclusion et problème :

    Peut-on juger un art sans le connaître ?

    Qu’a-t-on besoin de connaître pour apprendre et apprécier un art ou un goût particulier ? (L’esthète, le critique et l’amateur d’art et l’artiste amateur : différences).

         
    (Si le temps le permet...)

    LE PÔLE DU CREATEUR ET DE LA CREATION

     

    I - Peut-on se passer de la création ? La création n’appartient-elle qu’aux créateurs ? Le spectateur n’est-il pas lui-même créateur (de son regard) ?  

     
      -              Singularité de la création artistique :


     A)Le mystère de l’inspiration  :

       - L’enthousiasme chez les Grecs:

     - Texte de Platon, Ion 533 c-534 e : L’inspiration divine dans la création : (La transe, les drogues…(voir Cédric Lagandré, L’inspiration des Grecs Ed. l’Harmattan)

     « Le poète ne peut créer avant de se sentir inspiré, hors de lui et perdre l’usage de sa raison ».

     - Inspiration et respiration : la visite du Dieu, du dehors (de l’altérité), l’extase (ex-stasis).

     La perte de soi comme sujet et l’inscription dans les flux de devenir (Deleuze)  (non plus « être ceci » mais « devenir »). Les muses inviolables (« On ne force pas l’inspiration », ni le désir…)

     

          B)    Création et répétition :

     - Le travail de la création et la création comme travail :

                 La puissante impuissance créatrice

     La parole au créateur : Moi-social et le Moi-profond chez Marcel Proust : Contre Ste-Beuve      -  Le refus d’expliquer l’œuvre par la vie (privée) de l’auteur :

     Le retrait et la solitude comme expérience du monde qui se fait retrait :

     Le passage par la désorganisation : Inspiration, transe, extase, enthousiasme, déterritorialisation… La création sans sujet.

     Le Moi-profond c’est le corps et le corps c’est l’œuvre :

     « Je est un Autre » de Rimbaud : ou le plaisir artistique comme plaisir pris au devenir et à la polymorphie.

     La question de la création artistique : A.Artaud, Comment se faire un corps ?

     Le CsO ou le Corps sans organes chez Deleuze et A.Artaud :

     Le rythme : Rhythmos et Arrythmiston chez le sophiste Antiphon

     // avec Proust : « L’artiste c’est celui qui donne des mondes ».

     Comment se faire un corps ? Musique (Ecoute en cours), Danse (P.Decouflé : « Codex » et Maguy Marin : « Eden », Théâtre : Peter Brook et L’espace intérieur, Peinture F.Bacon et Giacometti, Sculpture : Giacometti, Littérature : Proust et Kafka et Poésie : Michaux, Pessoa, Ponge.

     Conclusion : L’effet monde de la musique ou le lieu  où s’organisent de nouvelles rencontres « La terre est bleue comme une orange » (désorganisation et réorganisation du monde). (Deleuze et Heidegger).

     

    T° Qu’est-ce qu’un génie ?

     Texte de Kant, Critique de la faculté de Juger

     
      II-    (de ce 2e pôle)

           La dimension éthique et utopique de l’art ? Faire de sa vie une œuvre d’art

     

    Réflexion autour du citoyen pensé comme un « artiste sans œuvre » (à part sa propre vie) 

    T ° L’imagination artistique est-elle seulement reproductrice ?

     

     Sur la dimension démiurgique et politique de l’art, sa capacité de faire monde : Art et utopie

     

    -       Texte de Marcel Proust, Le temps retrouvé :« L’artiste est celui qui donne des mondes »

    -       Texte d’Oscar Wilde, Le déclin du mensonge : La nature imite l’art.

    Transition : L’imagination est –elle seulement reproductrice ?

     

    LE PÔLE DE L’OEUVRE 

     

    De la différence entre une oeuvre d’art et un simple objet :

    -       Texte de Martin Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part :

    -       Texte de Maurice Merleau-Ponty, L’œil et L’esprit : La médiation de l’oeuvre, le tableau comme visage (ou comme surface de diffraction)  

     

    ANNEXE :

     

    COURS SUR LA MUSIQUE (pris comme exemple pour penser l’art…)

     

    a)     Comment la musique s’y prend pour produire ou refaire le monde ?

     

    .      La musique refait le monde : « La musique est ce qui m’entoure »

     

          Le rythme : Rhythmos et Arrythmiston chez le sophiste Antiphon

     

    -      Rythmes et civilisations : Habitudes sociales et organisation du temps (calendriers, fêtes, rythmes de travail et du quotidien…). L’identité.  

     

     

     ·      La musique est ce qui refait le corps de l’individu :

     

    -       Les difficiles leçons de la danse et de la musique : Le rythme n’est pas naturel.

     

    -       La question de l’art : « Comment se faire un corps ? » A.Artaud

     

    -       Ex : Le phénomène de la transe pour comprendre le rythme

     

     

    Conséquences éthiques : Sur l’importance de vivre dans un monde intéressant (beau et bon) et de faire de belles choses (être bon). « Ouïr c’est obéir », Pascal Quignard

     

    -       Sur la force des habitudes : Peut-on dire que l’habitude est plus forte que la volonté ?

     

    -       Nous devenons ce qui nous entoure. Ce que nous faisons finit par nous faire

     

     

     

    ·      La musique comme mémoire des mondes pliés :

     

    -       Où va la musique lorsqu’elle ne joue plus ?

     

    Quelle mémoire pour l’art ? Passé ou présence (musée, archive, œuvre…)

     

    -     Marcel Proust : mémoire volontaire et mémoire involontaire

     

    Une leçon d’éternité… (Deuil et mélancolie chez Freud : Le passé meurt-il ?

     

               

    Conclusion : L’art et la joie du devenir (éternité et multiplicité)…


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