• Cours sur matière et esprit

    Cours sur La matière et l’esprit

    Faut-il nécessairement opposer la matière et l’esprit ?

    Introduction : (problèmes) Sommes-nous (la plupart du temps) attentifs ou sensibles à la matière qui constitue les objets qui nous entourent ?

    ex. : Les vêtements (texture), le design de nos appartements ou maisons, de nos quartiers, de nos villes (architecture, urbanisme…)… Que contiennent (quelles informations) ces matières ?

    = Les matières contiennent et portent en elles des façons d’être (texte de Diderot intitulé « Regret à ma vieille robe de chambre »), des façons d’être et de se comporter, induisent des gestes et sont révélatrices (signes) de mondes…

    NB : Attention à ne pas établir des filiations directes !!! ex. : ce n’est pas parce qu’il y a des arbres dans un quartier qu’il n’est pas violent (cf. Neuilly) ou ex. du feng chui…

     La matière c’est aussi ce que l’on en fait… 

     

    1)     Apporter différentes matières en cours (bois, tissus précieux, coton, synthétique…) et les distinguer des matières (ou matériaux) tout autour dont on se sert pour construire les écoles et les salles de cours (montrer à quel point la matière et les matériaux c’est politique, ça a du sens… Le béton des cités, les arbres…)

     

    2)    Revenir sur l’opposition traditionnelle entre « matière et esprit » : par des exemples…

    -       L’expérience chez l’homme de la matière et de l’esprit : l’expérience du cadavre

    -       L’expérience de la maladresse : étrangeté et résistance de la matière face à l’esprit

    -       L’expérience du sport ou « quand la matière, le corps par exemple, nous résistent…"

    Conclusion partielle : La matière semble être ce qui résiste à l’homme, ce que l’on doit maîtriser (cf. toute l’histoire des sciences et des techniques). Une expérience de l’altérité.

    Conclusion : sur 2 autres sens de la matière.

    Matière et forme, puissance et acte, possible et réel (des oppositions conceptuelles centrales)

    Texte d’Aristote : Physique (II,3), Métaphysique (D,2)

     

    I-             L’irréductibilité de l’esprit à la matière :

     

    A)   La chute dans la matière et la matière comme chute :

    - Texte 1 : Henri Bergson, Le rire. Sur le comique de la chute et la chute originelle : chute dans la matière et la matière comme chute.

    - Texte 2 (en option) « L’inquiétante étrangeté » chez Jean-Paul Sartre :

    -       L’expérience de notre matérialité pré-humaine : La nausée. L’expérience dans le miroir : l’homme est fait de quelque chose auquel il ne se réduit pas (ce qu’il partage avec les objets). Facticité et réification.

    -       L’esprit est capable de transcender la matière : cf. l’humour et l’histoire de l’art, l’invention du maquillage (cf. éloge du maquillage de Baudelaire)

     

    B)    D’où vient l’esprit (si ce n’est de la matière) ? Contre le réductionnisme. tout le monde a un cerveau… Le problème du dualisme : le corps et l’âme, la matière et l’esprit, nature et culture… Peut-on réduire la pensée au cerveau ?

    -       Article de Science et vie : « Le cerveau pense plus vite que nous »... Pertinent ? Problème : si notre pensée est déterminée par notre cerveau et les lois de la nature nous ne sommes pas libres, mais si elle ne l’est pas d’où vient-elle ?

    -       Documentaire sur le réductionnisme : L’amour n’est-il qu’une production d’hormones ?

    -       Texte de Catherine Vidal, Cerveau, sexe et pouvoir. Texte de Pascal Engel, Etats d’esprit. Peut-on réduire la pensée au cerveau ?

    -       Quel statut pour les relations qu’entretiennent la pensée et le cerveau : dualisme des substances ? Dualisme méthodologique ou transcendantal ? Monisme ? Immanentisme ? Parallélisme ? (La matière comme matériau ou comme support : l’intelligence comme phénomène culturel (critique de la notion de Q.I, de gènes et du génie, du chromosome de ceci ou de cela, débat sur l’inné et l’acquis…)

    -       Bergson et le refus de réduire la pensée au cerveau, Matière et mouvement.

     

    II-           La matière comme condition ou comme dimension constitutive (ou constituante) de l’esprit :

     

    A) Retour sur l’opposition entre matière et liberté : matière = déterminisme, lois de la nature…

    Repenser cette opposition : on a l’impression qu’on commence par dire que la matière et l’esprit, ça n’a rien à voir et ensuite on se demande comment l’un peut influer sur l’autre…

     

    Texte de Spinoza, Ethique III, proposition II, scolie : « Nul ne sait ce que peut le corps »« l’esprit et le corps sont une seule et même chose »

     

    - La liberté ne s’acquiert que comme le résultat du travail sur la matière : liberté = libération des forces de la nature.

    - Remise en question de l’opposition classique entre la matière et la forme.

    (B) possible : pour une redéfinition de la matière : non plus comme matière solide qui résiste au toucher » mais comme énergie (energeia) texte de Russel ou de Bergson (introduire un passage sur matière et vie)…

     

    B) La matière comme puissance créatrice :

    - Illustration du propos par la pièce d’Odile Duboc,  Le projet de la matière (ou Jacques Lecoq, )

    Texte de Gaston Bachelard, L’eau et les rêves  « essai sur l’imagination de la matière » :

    - La « cause matérielle » ou le besoin de trouver de la matière (pour penser, pour nous exprimer, pour nous confronter…). Qu’est-ce que manquer de matière ? (ne pas s’être assez nourri, instruit, ne pas avoir de discipline de prédilection…).


    Texte de John Dewey, L’art comme expérience. La matière dans la création est indissociable du style.

    - La matière, l’art et la vie quotidienne : qu’avons-nous fait de la matière que nous sommes et qui nous environne ?


    Conclusion : sur les notions de matérialisme et de virtuel