• La morale

    Cours sur la morale et les devoirs

    Problématique : Peut-on se passer de la morale ?

     Introduction : Qu’est-ce que la morale ? Qu’est-ce que l’éthique ?

     En quoi consistent-elles ? (juger, condamner, affirmer, s’indigner…) Sur quoi portent-elles ?

     Quelle est la différence entre une « leçon de morale » (« il m’a fait une leçon de morale », « se faire sermonner », « ce n’est pas bien, c’est mal, c’est trop injuste… » : un ensemble de jugements moraux qui rappellent que la morale se trouve du côté du jugement) et « une leçon ou un cours sur la morale » ?

     Pour ceux et celles qui ont fait la tête quand on a annoncé qu’on allait faire un cours sur la morale : Peut-on se passer de la morale ? A quoi sert la morale ?

     On peut tenter de répondre à cette question en imaginant ce qui se passerait pour une personne qui en serait privée.    Remarque : différence entre différence entre amoralité et immoralité… Problème : Peut-on penser une morale personnelle, qui ne vaudrait que pour soi ? Autre sens, très courant du mot, « avoir sa propre morale »… Conclusion : La morale est normative et semble permettre de corriger ce qui est en le référant à ce qui doit être (sans cela nous serions dans un monde tragique…) 

      

    1) Définitions : En français, morale et éthique ont des sens souvent confondus. 

     Ainsi le Petit Larousse donne les définitions suivantes : 

     Morale (du latin mores, mœurs) : 

     ·  Ensemble des règles d'action et des valeurs qui fonctionnent comme normes dans une société,

     ·  Théorie des fins des actions de l'homme,

     ·  Précepte, conclusion pratique que l'on veut tirer d'une histoire.

     Éthique, Philosophie (du grec ethikos, moral, de éthos mœurs) : 

     ·  Doctrine du bonheur des hommes et des moyens d'accès à cette fin,

     ·  Ensemble particulier de règles de conduite (syn. morale),

     ·  Partie théorique de la morale.

     Le Petit Robert quant à lui donne : 

     Morale : science du bien et du mal ; théorie de l'action humaine en tant qu'elle est soumise au devoir et a pour but le bien... 

     Éthique : science de la morale ; ensemble des conceptions morales de quelqu'un. 

     
     2) Distinctions conceptuelles importantes :

     a) La morale et le moral :

     b) Etre moral et avoir pour morale (dans la vie) :

     c) Etymologie de « morale » (mores) et « éthique » (ethos) :

      Ethique et éthologie : point commun ethos qui désigne le comportement. L’éthologie est la science qui étudie et décrit le comportement animalier, elle est factuelle.  Alors que l’éthique peut être normative et a pour but de fournir des critères et des valeurs afin d’évaluer et de pouvoir juger des comportements en fonction de fins dites supérieures. On retrouve ici l’opposition entre ce qui est et ce qui doit être.

     3) Historique et les grandes positions sur la morale en philosophie  :

    La philosophie morale : déf. A votre avis le domaine de la philosophie que l’on appelle « la philosophie morale » a-t-elle pour but de « sermonner » (faire la leçon) ou de prononcer des jugements de valeur ? Non, la philosophie morale est la branche de la philosophie qui avant de se prononcer, réfléchit sur les critères, les normes et les valeurs, les fondements de nos appréciations et de nos préférences morales, ce « au nom de quoi » nous jugeons (comme on dit) parfois pour établir de tels critères (« éthique normative »), parfois juste pour les étudier (« éthique descriptive »).

                Cette position réflexive est également appelée « méta-éthique » : Dans l’histoire de la philosophie morale, on distingue 2 grands types d’approches de l’éthique et différents courants théoriques. 

    Texte de Ruwen Ogien, L’éthique aujourd’hui 

                Les approches : « En philosophie morale, on distingue l’éthique normative, dont la vocation est prescriptive (elle est censée nous dire ce qu’il faut faire, ce qui est bien ou mal, juste ou injuste) et la méta-éthique, qui est une discipline descriptive… A ces deux branches principales de la philosophie morale, il faut en ajouter une troisième, en principe subordonnée. C’est l’éthique appliquée, c’est-à-dire la tentative de clarifier l’attitude qu’il conviendrait d’adopter face à des questions concrètes comme la peine de mort, le clonage, l’homoparentalité, la justice sociale, l’avortement, le rapport à l’environnement naturel et aux animaux, l’euthanasie, et d’autres moins discutées publiquement mais aussi compliquées, comme le lancer de nains ou le préjudice d’être né. » p.14-15 

               « Les types de théories morales : « Il existe en philosophie morale une certaine tendance à opposer systématiquement la morale des Anciens et celles des Modernes. La morale des anciens serait une éthique des vertus, celle des Modernes, des devoirs. La morale des Anciens serait une éthique du particulier (cf. l’image du sage, le problème de la sagesse et de la perfection individuelle), celle des Modernes, du général. (…) Les anciens auraient donné la priorité au Bien (c’est-à-dire au désirable) sur le Juste (c’est-à-dire à ce qu’on doit faire) et leur éthique serait « attractive » pour cette raison. Les Modernes auraient fait le contraire. Pour eux, le juste aurait la priorité sur le bien et, en ce sens, leur éthique serait « impérative ». (…) Ceux qui ont sérieusement abordé la question brouillent un peu le schéma. (…) En fait, il vaut mieux s’en tenir à une caractérisation conceptuelle des théories morales et éviter de se perdre dans ces querelles historiques. De ce point de vue, on a pris l’habitude d’en distinguer trois.  1. Déontologie : Pour la déontologie, la question morale principale est : « Que dois-je faire ? » En réponse, elle nous prescrit de respecter personnellement certaines règles d’actions générales comme tenir ses promesses ou ne pas mentir, même lorsque c’est au détriment de nos désirs ou de  nos intérêts matériels et quelles que soient les conséquences sur l’état du monde en général. 2. Conséquentialisme : Pour le conséquentialisme, la question morale principale est : « Quel est le meilleur état du monde ? » Il nous demande d’œuvrer pour le plus grand bien possible. Si, en ne respectant pas personnellement les règles d’une action que les déontologues prescrivent, comme ne pas mentir ou tenir ses promesses, on aboutit à plus de mal que de bien ou à un moins grand mal dans le monde en général, alors il est juste de ne pas le respecter. Ce qui compte pour lui, du point de vue moral, c’est que le monde s’améliore ou ne se détériore pas en général, et non la « pureté morale » de chacun en particulier. 3- Ethique des vertus : L’ami des vertus est moins engagé dans le monde, plus dirigé vers lui-même. Il ne se demande pas en priorité « Que dois-je faire ? » ou : « Quel est le meilleur état du monde ? » mais « Quel genre de personne dois-je être ? » et plus techniquement : " Quel genre de caractère est-il bon de posséder ? " Pour apparaître comme une théorie morale indépendante de la déontologie et du Conséquentialisme, (…) elle doit affirmer qu’être vertueux est le but ultime de la morale et non pas seulement un bon moyen d’agir justement ou de faire en sorte qu’il y ait le plus de bien possible dans l’univers ». p.61-62-63       

     Développement

     

    I- Quand dit-on (ou quand peut-on dire) d’une personne, d’un désir ou d’une action qu’elle n’est pas morale ou qu’elle est morale ? 

    (Qui en décide ? Au nom de quoi en juge-ton ? But : tester nos critères et le fondement de nos évaluations éthiques)

    A) La conformité avec les normes ou les mœurs (les « us et coutumes ») d’une société :

    Prble : Peut-on fonder la morale sur les mœurs ?

     Texte de Pascal, Pensées

     

    B) Morale dominante et morale des dominants ;

     D’où viennent souvent les valeurs morales les plus répandues ? Est-ce légitime ?

     Texte de John Stuart Mill, De la liberté

     

    C) Y-a-t-il des valeurs ou des morales universelles ?

    Pourquoi faire de l’universalité une valeur morale ? (voire la condition et le fondement de la morale)

    Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (// Sartre)

    Le problème du respect…

    Débat possible sur l’éducation au respect

     

    II- N’avons-nous des devoirs qu’envers autrui ? Y-a-t-il des devoirs envers soi-même ?  (Peut-on juger moralement de tous nos actes ?)

     

    A)    Les devoirs envers soi-même :

    Texte de Kant, Leçons d’éthique : Qu’est-ce qui en nous nous pousse à nous respecter ?

    Peut-on gâcher sa vie ?

     La notion de devoir comme simple condition de possibilité du débat sur les valeurs.

     

        B) « Le principe de non-nuisance » et la liberté de disposer de soi :

    Texte de Ruwen Ogien, L’éthique aujourd’hui : "Maximalisme" (moralisme, paternalisme, perfectionnisme) et "minimalisme" en éthique.

    Le danger de l’ingérence de l’état dans la vie privée en matière de préférences individuelles.

     


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